Commissaires
Trèves

Le peintre que je suis croit moins en l’art qui serait un appel à l’observateur, qu’en l’art offrant un système personnel destiné à l’ordonnancement du ressenti. Les tableaux, les objets, les films, les photos, la langue, les sons, les odeurs, le chaos, le néant, etc. peuvent être des traces de cet ordonnancement façonné, dans l’obligation soit d’accepter soit d’omettre la survenue des possibilités. Dans le meilleur des cas, ils sont un équivalent du ressenti, une parallèle de valeurs pour la vue, l’ouïe, le toucher, la mémoire, un procédé d’imagerie en vue de la comparaison, de l’évaluation et de la décision. Il n’en demeure pas moins que les décisions prises dans l’œuvre documentent toujours la volonté artistique de conception, parfois son urgence subjective. Ce qui ne veut pas dire que l’œuvre soit, outre cette urgence subjective, également propre à agir sur l’observateur ou même à devenir partie intégrante objective de l’économie de l’attention du marché de l’art (qui est à vrai dire un marché des artistes). Ce sont les acteurs de la société qui créent l’impact sur la société, non les artistes. Et en cela, le Prix d’Art Robert Schuman est un acteur de la société. Il est une scène majeure pour des personnalités contemporaines du monde artistique de la Grande Région. Il apparente la détermination du vœu culturel en faveur de l’égalité dans la différence de la population européenne et la promotion des plus indépendants parmi les indépendants: les artistes. En la personne de Salman Rezai, j’ai choisi un jeune artiste trévirois venu d’Afghanistan pour se bâtir un avenir en Europe. Avec Werner Müller et Klaus Maßem, deux artistes nés dans la région et qui y resteront. L’artiste Matthias Platz quant à lui cherche son salut en fuyant Trèves pour s’installer à Berlin. Pour tous les quatre, je m’en remets à votre plus vive attention.

 

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