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Le moteur qui entraîne Matthias Platz dans sa quête d’erreurs est le désir ardent de véracité. Et il en trouve à foison, des choses erronées, dans les réalisations héritées de l’humain, sociétales comme matérielles: abysses antisociaux, solitude, perte de conscience politique, pression sociale, visions populistes. Il découvre des sites industriels en ruine, des friches, des plateformes pétrolières gigantesques dans la mer rouillée ou des baraquements allemands, dont la nalité de camps de travaux forcés n’est qu’un souvenir importun. Une chose est certaine, ces contre-performances sont tout aussi vraies que la véracité, en tant qu’erreur humaine peut-être même plus probables que la véracité. Aux yeux de l’artiste Matthias Platz, elles pèsent le cas échéant davantage que l’amour, que le discernement politique et la science, parce que l’absence de véracitése dresse là comme une écharde dans son ressenti. En réponse à ses observations, Matthias Platz offre un montage grossier. Il expose des papiers qu’il a recouverts de matière photosensible de ses propres mains, il fabrique des transferts photographiques rongés à l’acide, huileux, bleutés, il enveloppe des pellicules copiées à maintes reprises dans des nuages chimiques roses ou produitavec des amis des pièces radiophoniques de «journali es gonzo» inventés. Il applique l’encre d’impression en couches successives selon le procédé manuel de gravure sur bois,en évitant de superposer correctement les couleurs, pour créer des images de jeunes gays solitaires, trouvés sur des forums de chat d’internet, comme sur «Welcome To The Candy Shop», et leur attribue des pistes audio inventées. Tous ses travaux sont des collages de couches de matières ou des collages sonores de matériel audio, le matériau de départ exploitable étant ce qu’il y a de fiable, peut-être même la «vraie véracité». C’est réel, existant, guratif au sens non-numérique: matériaux sonores originaux d’interviews, négatifs de photos, pellicules de lms ou documents imprimés, selfies trouvés sur Internet. La matérialisation de ces découvertes, grâce à des procédés techniques etaux appareils correspondants, fait le tri dans tout ce fatras et le transforme en bonheur productif.

Matthias Platz, né en 1975 à Trèves. En 1998, formation d’assistant technique de création à Wuppertal. En 2000, École des Beaux- Arts de Brême, de 2001 à 2008 Université des Arts de Berlin. Projets pour le théâtre,le cinéma et la radio, notamment la pièce radiophonique «Angst und Abscheu in der BRD - Sendezwang» (Peur et dégoût en RFA - obligation de di user) pour la WDR (station de radio et chaîne de télévision régionale allemande). Matthias Platz vit et travaille à Berlin et à Trèves.