Installation
Textile

Certains s’appellent Joss, Nono, Fatima ou Martha. D’autres préfèrent garder l’anonymat. Ils s’a rontent les uns les autres, tournent en rond désorientés, satisfont leurs besoins triviaux ou sont pendus sous nos yeux ébahis. Grandioses dans leur solitude, attendrissants dans leur égarement, attachants dans leurs obsessions, les animaux de Mary- Audrey Ramirez nous servent d’alliés. Dotés de propriétés sociales ou mentales, ils mettent en exergue notre rapport à la nature, à la société, à la famille. Extraits de leur habitat naturel, les petites bestioles, les amants roses et la raie, se voient rassemblés dans un contexte d’exposition complètement arti ciel. Séduisants par leurs coloris et la douceur de leurs peaux en textile, ils recouvrent une fonction distrayante et presque thérapeutique dans un monde qui change à toute allure. Il ne s’agit pourtant pas de fuir dans le rêve, mais plutôt d’accepter l’entre-deux fabuleux dans lequel nous vivons. La génération Y dont l’artiste est issue, est tiraillée entre une conscience presque nostalgique des relations humaines conventionnelles, bouleversées par les nouvelles technologies, et une adhésion enthousiaste à l’e-Culture contemporaine. Par l’intégration de technologies modernes dans ses installations et sculptures, Mary-Audrey Ramirez insufle la vie à ses compagnons par le son, les vibrations, le mouvement. La fusion entre réel et virtuel s’opère également dans des applications et dans des performances où l’humain et l’animal entrent en symbiose.

Née en 1990 à Luxembourg, Mary-Audrey Ramirez se forme auprès de l’Universität der Künste de Berlin tout en réalisant un semestre auprès de la Glasgow School of Art. En 2014, l’étudiante remporte l’International Takifuji Art Award ainsi que le prix de la fondation Ursula Hanke-Förster. Avant même d’avoir terminé ses études, elle est représentée parla jeune galerie Martinetz de Cologne. Les curateurs Veit Loers et Zdenek Felix repèrent rapidement son talent et son travail est inclus dans Metamorphosis à Prague, Berlin et Düsseldorf ainsi que dans Aftermieterau Haus Mödrath à Kerpen. N’ayant jamais exposé au grand-duché, l’artiste est invitée par le Casino Luxembourg, Forum d’art Contemporain à participer à l’exposition collective Black/Box(es) à la galerie Faux- Mouvements de Metz. Ayant terminé une résidence d’artiste à Vienne fin 2017, l’artiste est retournée vivre à Berlin.