Installation

Dans son travail sur l’image, Justine Blau part à la recherche d’un ailleurs, explore patiemment de nouveaux territoires et nous ouvre des perspectives inattendues. Persévérante, elle s’appuie sur des recherches en va-et-vient entre la dématérialisation et la re-matérialisation du réel pour aboutir à une imagerie faussement naturelle. De façon troublante et poétique, l’artiste met en exergue notre rapport à la nature, biaisé par les infinies possibilités du numérique, du virtuel et d’internet. Pour l’exposition du Prix d’Art Robert Schuman, Justine Blau s’interroge sur le phénomène de l’extinction et de la dé-extinction des espèces végétales à travers le cas du Sicyos villosa, célèbre concombre de l’herbier de Charles Darwin. Disparu au fil du temps, il est devenu un objet emblématique auprès des biologistes de la préservation. Si les scientifiques sont nombreux à tenter de lui redonner vie, pourquoi l’artiste démiurge ne s’y attellerait-elle pas elle aussi? Ce qui fascine Justine Blau, est l’altération des rapports entre la vie et la mort. Alors que la mort est censée constituer un état final, voici qu’on nous propose de rejouer une partie... Le passé, le présent et le futur s’entremêlent. L’idée même d’organisme naturel perd de son sens. À travers un travail de collaboration avec un magicien, l’artiste insufle la vie à une matière morte et inerte et révèle toute la magie de notre force créatrice.

Née en 1977 à Luxembourg, Justine Blau se forme à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, puis au Wimbledon College of Art de Londres. En 2010, elle remporte une commande publique pour la ville de Manchester (The Circumference of the Cumanan Cactus), participe à la Triennale Jeune Création et est invitée au Künstlerhaus Bethanien à Berlin. Ces dernières années, Justine Blau a pu présenter ses œuvres lors d’expositions collectives à la Villa Vauban,au Noorderlicht Festival, au Somerset House, à la National Gallery of Iceland, au MNHAet au Frac Lorraine. Sans oublier ses solo shows au Centre d’art Dominique Lang (Los primeros emprendores, 2012) et au CAPE d’Ettelbruck (Don’t panic, 2015). Ayant récemment remporté une bourse du CNA, elle va pouvoir approfondir les recherches entamées pour le Prix d’Art Robert Schuman.