Installation
Vidéo

Les installations, les travaux vidéo et les performances de Gertrud Riethmüller interrogent les limites. Les œuvres de l’artiste s’emparent des particularités architecturales des lieux de manière thématique. Ses travaux racontent son histoire personnelle ou des mythes. Ils prennent leurs sources dans des jardins enchantés, par exemple. L’artiste met souvent en lien plusieurs échelles de perception et prend en compte le périmètre extérieur dans ses installations. Ce faisant, elle crée des travaux en deux, voire trois parties, accompagnées d’une bande sonore qui communique directement au spectateur. Certains motifs sont récurrents dans les installations de Gertrud Riethmüller: la pierre symbolise la vie et la constance, le coquelicot le passé. Cette symbolique, ajoutée à l’histoire du lieu d’exposition, montre une réflexion sur des questions existentielles de la vie: le coquelicot de Gertrud Riethmüller se bat pour son existence et l’artiste se bat contre lapierre, qui est à la fois élément et interlocuteur dans de nombreuses autres installations et performances. Ce sont des réflexions absurdes caractérisées par des actions répétitives dépourvues de sens qui ont toutes un point commun: l’endurance. Ainsi elles peuvent être considérées comme des métaphores du sens de la vie de l’Homme. Le fait que l’artiste et son alter ego, le coquelicot, ne sont pas seuls devient clair lorsque le spectateur s’approche du jardin enchanté. Il est repoussé par un son menaçant. Les travaux vidéo et les performances de Gertrud Riethmüller sont des installations qui mettent en valeur l’idée de processus. Elle thématise le destin individuel et collectif, et peut-être même celui de l’artiste. La transformation est en tout cas un aspect que l’on retrouve dans le mythe de Sisyphe, sur lequel Albert Camus écrivit: «Il faut imaginer Sisyphe heureux» (La Peste, 1947).

Gertrud Riethmüller (née en 1961à Niedermendig) a étudié les nouveaux médias artistiques de 1991 à 1998 auprès de la pionnière de la performance Professeure Ulrike Rosenbach à l’École des Beaux-Arts de la Sarre. Elle est la cofondatrice de la Produzentengalerie O.T. et est membre de l’association des artistes de la Sarre depuis 2001. Elle a reçu la bourse de la Maison des Artistes de Schloß Wiepersdorf en 2015. Elle a pris part à de nombreuses expositions collectives comme par exemple au Kunstverein Mittelrhein, à la Kunsthalle Leoben ou encore lors des éditions de 2013 et de 2017 de l’exposition sarroise Saarart. En 2016, elle a remporté le concours de la Clinique Sarroise pour la Psychiatrie Légale à Merzig.