Dessin
Installation
Vidéo

Exposer les œuvres de François Génot en rez-de-jardin de l’Esplanade a été un choix scénographique évident. L’artiste élabore un langage formel inspiré de la figure végétale et de l’expérience des lieux. Les œuvres de l’artiste au sein de l’espace d’exposition font écho aux espaces verts de la ville. Il ne s’agit pas d’un effet miroir entre l’extérieur et l’intérieur, ce qui est à l’œuvre ici est un dialogue entre la nature choisie, maîtrisée, anthropisée du jardin, et une nature sauvage indomptée, sublimée par l’artiste. François Génot arpente les paysages à la recherche de son sujet. Il porte son attention sur des friches où les plantes indigènes créent leur propre architecture à la force de leur croissance débridée. Dans ces îlots urbains affranchis de l’intervention humaine, il prélève des branches qui deviendront fusain et des images qui deviendront dessin. Après ses collectes, sur un mur ou sur un papier, l’artiste traduit l’esprit des lieux à travers une écriture gestuelle. L’acte artistique engendre une nature toute en énergie, dont la beauté égale la puissance vitale. Cette force contracte avec la précarité de ces friches condamnées à disparaître. À Metz, François Génot a repéré une haie d’acacias et de clématites au bord de la voie ferrée entre le parc de la Seille et le nouveau quartier autour du Centre Pompidouqui inspire son dessin mural Les Caténaires. Le long des baies vitrées de la galerie, un large let de chantier tatoué d’une trame végétale agit en transparence tel un rideau séparant le jardin et l’espace de l’art. Le rideau jette le ou entre deux scènes. La projection vidéo Les éveils est une invitation artistique à partager l’attention de François Génot pour la nature sauvage du quotidien, les «presque riens»,et les mondes humains, animaux, végétaux ou minéraux en présence, avec lesquels il souhaite inventer de nouveaux modes de cohabitation et de partage. Les courtes séquences fonctionnent comme une brèche ouverte dans le temps du visiteur, une offre de contemplation. Ce sont des haïkus exprimant la beauté et la magie fugaces d’un instant de vie, le sentiment éphémère et profond d’un émerveillement.

François Génot est né en 1981 à Strasbourg, il vit à Diedendorf où il a construit son atelier. Diplômé de l’École supérieure d’art à Metz, en 2005, il y enseigne le dessin depuis 2016. Il emprunte son attitude et l’élan de sa démarche à la résistance et à la prolifération du vivant. Les déplacements, la collecteet une attention particulière aux matières, aux formes et aux phénomènes naturels nourrissent sa pratique. Actif sur la scène nationale et internationale, il participe à de nombreuses expositions et béné cie en 2017 et 2018 de plusieurs résidences au Centre International d’Art du Paysage de Vassivière, Nekateoenea à Hendaye, La semeuse/Les Laboratoires d’Aubervilliers. Par ailleurs il développe Le Triangle Des Bermudes,un projet culturel en milieu rural au sein d’un tissu associatif.