Peinture

Une pompe à essence dans les années 50. Des hommes et des femmes a airés autour d’un véhicule. Celle-ci verse un liquide dans le réservoir, celle-là contrôle la pression des pneus. Elles prennent les choses en main sous les regards attentifs des hommes. La scène se déroule dans un espace-temps lointain. La voiture est devenue un outil de l’individualisation croissante de la société et la femme a retrouvé, après la guerre, son rôle de «reine du foyer». Un peu plus loin, nous rencontrons un groupe d’élèves qui étudient cette même scène comme un objet historique.Une mise en abîme étonnante, voire même bizarre, car ces mêmes a eurs semblent précisément issus du même moule et de la même époque...En gommant les frontières du temps, Chantal Maquet nous invite à entrer dans un jeu de piste, à la recherche d’indices clefs d’une histoire à la fois singulière et universelle. L’histoire traite de la tension entre l’homme et la femme, entre l’individu et le groupe. Comment réconcilier lesrôles attribués et l’accomplissement de soi? Subtilement, l’artiste explore un univers construit sur l’apparence, où les contours de la réalité s’avèrent flous. Ses mises en scènes, nourries d’un vif intérêt pour le théâtre, sont imaginées au gré des albums photo parcourus et des histoires familiales revisitées. Refusant une vision manichéenne de la vie, toute conçue en noir et blanc, Chantal Maquet met en branle nos certitudes en transgressent aussi les gammes chromatiques. Une fois libérée de son attache à la réalité, la couleur devient le véhicule des sensations purement subjectives de l’artiste.

Née en 1982 au Luxembourg, Chantal Maquet suit une formation artistique à Hambourg, où elle réside actuellement. Parmi les projets transfrontaliers auxquels elle participe, figure en 2012 Artmix7, échange entre quatre artistes de Luxembourg etde Sarrebruck autour d’une exposition collective dans les deux villes. Sélectionnée au Salon du Cercle artistique de Luxembourg en 2011, 2012 et 2014, elle gagne en 2015 sa première résidence d’artiste à Bourglinster grâce au ministère de la Culture. Dans la foulée, Chantal Maquet décroche une résidence à la Cité internationale des arts à Paris et une exposition individuelle au Centre d’art Dominique Lang de Dudelange. Sa récente participation à la Triennale Jeune Création et la Bourse Francis André (résidence et exposition à Luxembourg) lui donnent une nouvelle visibilité sur la scène artistique de la Grande Région.